Jeudi 29 mai 2008




Programme (disponible en clickant sur ce lien au format PDF pour un meilleur affichage
)

Sous réserve de modifications en fonction des disponibilités des intervenants, voici le programme:

9h30: Introduction aux évènements rennais

Avec Bertrand Guidon, acteur des évènements à Rennes

10h30: Intervention de Jacques Sauvageot

Président de l'Unef en 1968

Membre des étudiants socialistes unifiés (ESU) en 1968

13h30: Intervention de Jean-Paul Salles

Auteur de

La Ligue Communiste Révolutionnaire (1968-1981), instrument du grand soir ou lieu d'apprentissage aux Presses

Universitaires de Rennes

Membre du comité de rédaction de la revue

Dissidences, qui édite un numéro sur Mai 68, disponible à la librairie Privat

14h30: Intervention de Jean-Phillipe Legois

Membre du GERME (Groupe d'études et de recherche sur les mouvements étudiants)

co-auteur de

100 ans de mouvements étudiants aux éditions Syllepse

15h30: Mai 68 et les luttes de libération (féminisme, indépendantisme, etc)

Avec Tudi Kernalegenn

Auteur de

Drapeaux rouges et Gwenn ha Du, l'extrême gauche et la Bretagne dans les années 70 aux éditions Apogées

Et Pierre-Alain Donnio

Etudiant en master sur l'impact de mai 68 sur les luttes féministes

16h30: débat entre organisations étudiantes actuelles sur l'héritage de Mai 68

(ont été invités: CNT, Unef, Sud étudiant, SLB, Uni, Fage-Feria, Cé)

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Jeudi 20 mars 2008

Pour indisponibilité de locaux le 21, le colloque se tiendra finalement le mardi 20 mai 2008.

Une nouvelle réunion d'organisation aura lieu:

Vendredi 21 mars - 17H
devant le bâtiment Ereve

 

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Jeudi 20 mars 2008

Livre noir de la Révolution française: «une manipulation»
Interview de JC Martin sur le site de "Libération", a propos du "livre noir de la révolution française"

 

«Une France coupée en deux avec les catholiques d’un côté, les révolutionnaires athées le couteau entre les dents de l’autre: le Livre noir de la révolution française donne une vision totalement faussée» affirme Jean-Clément Martin, professeur d'histoire de la Révolution française à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne et directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française (CNRS). La publication aux éditions du Cerf, début janvier, du « Livre noir » de la révolution provoque l'indignation des historiens, qui dénoncent « l'absurdité » de certains chapitres. « On peut faire de l’idéologie, certes, mais on ne peut pas expliquer le passé avec ça, souligne Jean-Clément Martin. On est clairement en présence d’une critique catholique de la Révolution, proche de l’intégrisme même.»

Le Livre noir sort-il des rails de l’histoire « officielle » de la Révolution française ?

Il n’y a pas, ou plus, d’histoire officielle de la Révolution française. Y en a-t-il eu d’ailleurs? Je dirais plutôt qu’il existe plusieurs histoires convenues, au sens où tout le monde s’accorde à parler d’événements identiques : la prise de la Bastille, la Déclaration des Droits de l’Homme, la mort du Roi... C’est comme dans un grand jeu de l’oie, on passe toujours par là ! Ensuite il y a les cases subalternes : la Constitution Civile du clergé, la fuite à Varennes, l'insurrection de la Vendée... sur lesquelles on insiste plus ou moins.

Grosso modo, trois écoles "classiques" existent sur ces événements. La première est consensuelle, plutôt libérale centre droit : la Révolution débute en 1789, tourne mal en 1792, et vire dans le sang en 1794. Heureusement, il y a une session de rattrapage en 1799, et on reste dans un Etat démocratique. Cette vision présente les violences mais aussi les gains de la Révolution. Une deuxième vision, plutôt à gauche, insiste sur la défaite de la Révolution à cause des traitres qui ont pris le pouvoir. La Révolution finit dans un système bourgeois qui débouche sur Bonaparte. Enfin, dans la 3ème vision, 1789 découle des faiblesses de l’Ancien Régime, des difficultés économiques, et du travail de « sape » des philosophes. Et ce n’est pas une vraie Révolution, c’est d’abord et avant tout du sang ! C’est une position partagée par exemple par François Furet qui souligne l’inutilité de la Révolution qui n’appelle que le sang.

Le Livre noir entre dans cette dernière vision en l’aggravant. Non seulement la Révolution de 1789 est sanguinaire, mais elle est même scandaleuse. Il ne faut donc pas s’étonner si ensuite, tout va mal ! Dès le chapitre introductif, Pierre Chaunu décrit le désordre et le malheur de la Révolution en les rapprochant des merveilles du vaccin de Jenner découvert à la même époque. La révolution de Jenner, qui a sauvé des millions de vies, doit donc primer sur la Révolution française qui ne fut que destruction. Le Livre noir va encore plus loin : tout ce qui est révolutionnaire est mauvais. Il faudrait donc revenir aux valeurs tirées de la contre-révolution, et plus précisément de son aile radicale et clairement catholique.

C'est donc un point de vue religieux sur la révolution.

On est clairement en présence d’une critique catholique de la Révolution, proche de l’intégrisme même. Les vrais ennemis des auteurs du Livre noir, ce sont finalement tous les individus qui ont accepté de critiquer la monarchie, au nom d’un catholicisme éclairé des Lumières.

Le Livre noir donne une vision totalement faussée de la Révolution : une France coupée en deux avec les catholiques d’un côté, les révolutionnaires athées le couteau entre les dents de l’autre. Les catholiques des Lumières et les révolutionnaires modérés sont totalement absents ! (comme l’Abbé Grégoire, l’abbé Fauchet, ou l’abbé Lamourette). Même les catholiques massacrés par les révolutionnaires, mais qui avaient adhéré à l’origine à la Révolution, ne sont jamais cités. C’est une déclaration de guerre à tous ceux qui, d’une certaine façon, avaient accepté que le monde ait pu changer. Cette vision est parfaitement erronée, n’apporte rien et ne permet pas de comprendre l’histoire. On peut faire de l’idéologie, certes, mais on ne peut pas expliquer le passé avec ça.

Ce livre oublie même de rappeler que la Révolution française a permis la régénération du catholicisme Français ! Ce sont les catholiques qui le disent : Joseph de Maistre affirmant que cette Révolution a participé du plan de Dieu. Cette épreuve aurait fait rejaillir le sang neuf catholique. C’est quelque chose qui aurait mérité d’être rappelé : cet évènement a été une épreuve terrible, certes, mais une épreuve qui a renforcé le catholicisme romain !

Le dérapage le plus évident semble être le lien établi entre la Révolution Française et l’antisémitisme voire le futur fascisme.

Comparer Saint Just au fascisme est absurde. Il n’y a pas la hiérarchisation des individus, ou l’échelle des êtres, qu’il y avait dans le fascisme. De même assimiler la Révolution à un mouvement antisémite n’a aucun sens. Les communautés juives d’Alsace, ou les négociants juifs bordelais étaient déjà victimes de persécutions auparavant. Au contraire, la Révolution donne l’égalité aux juifs, conservée sous Napoléon. Les juifs allemands ne s’y trompent pas à l’époque, et approuvent l’occupation française car ils apprécient cette égalité. Il est vraiment impossible de faire passer la Révolution française pour antisémite, c’est un tour de passe-passe considérable. À ce sujet, le Livre noir fait véritablement de la manipulation.

Les auteurs se livrent à d'autres comparaisons, du côté des régimes communistes... En particulier sur la question de la Terreur.

On ne peut pas parler d’un régime de Terreur sous la Révolution, comme cela a existé en Russie soviétique, dans le Cambodge de Pol Pot, ou sous la Chine de Mao. Quand on regarde les textes, la Terreur n’a jamais été « à l’ordre du jour ». Robespierre lui-même n’en voulait pas, ainsi que la quasi-totalité des conventionnels. Si la violence existe, un régime de Terreur n’est pas la même chose : c’est la centralisation de la violence par l’État, qui l’organise et l’applique. Ce n’est pas le cas de 1789 à 1793 ! Et le Tribunal Révolutionnaire, centralisé ensuite, ne correspond pas à la Terreur : les procédures juridiques persistent et de nombreux accusés sont acquittés. Ce ne sont pas les purges staliniennes, ni les mises à mort systématiques dans les camps de concentration cambodgiens ! Pire qu’un raccourci, c’est une invention pure et simple, appuyée sur la dénonciation opérée par quelques Conventionnels après Thermidor que ce qui s’était passé auparavant s’appelait « la Terreur ». Ce n’est pas non plus parce que Lénine ou Trotski se seraient inspirés de la Révolution Française qu’on peut assimiler les deux régimes.

L’analogie avec le terrorisme d’aujourd’hui n’est donc pas valable ?

On comprend que le terrorisme puisse s’enraciner dans le souvenir de la Révolution et de la terreur, telle que le Directoire et la Restauration la dénoncent ensuite. Cependant, les textes de l’époque sont explicites : la Terreur est une arme employée par l’Ancien Régime, et les Conventionnels affirment en 1793 qu’ils ne puniront que « la loi à la main ». Ce n’est pas du terrorisme, ce sont les pratiques violentes d’une époque. Des mesures répressives vont être employées, mais moindres par rapport aux pratiques précédentes dans la mesure où la justice monarchique, elle, utilisait la Terreur avec de nombreux supplices. Si la justice révolutionnaire, c’est la guillotine, c’est aussi le refus du supplice et une mort quasi-médicale. Ce qui a été perçu à l’époque comme un aménagement de la peine de mort, comme une peine adoucie. L’utilisation politique de la guillotine dans la répression a changé la perception de cette mise à mort, en oubliant que l’Angleterre se livre à la même époque à des supplices bien pires, et ce jusqu’en 1832 ! Ce dont le Livre noir ne parle évidemment pas. De même qu’il ne fait aucune comparaison avec les répressions abominables sous Napoléon par exemple.

Qu'est-ce qui anime à votre avis les auteurs du Livre noir ?

Que cela plaise ou non, la Révolution française a bâti le monde moderne. On peut dénoncer cet évènement sans expliquer pourquoi il a eu lieu. Mais toute lecture manichéenne insistant sur des « méchants » n’explique rien, et  traduit sans doute une grande insatisfaction de ne pas trouver des réponses simples à des questions compliquées.

La Révolution française est un chantier considérable et il y a toujours besoin de retravailler sur ce moment historique. Il faut continuer à creuser les mécanismes culturels, politiques, religieux… qui ont fait que ces Français sont entrés en Révolution. À l’inverse, ce livre participe à ce mouvement de repentance, très à la mode actuellement, qui laisse dans une sorte de désespérance continue, à propos de tout et n’importe quoi, contre-productive et dangereuse. La réponse passe alors par le retour au travail historique, l’érudition et la vulgarisation. Sans doute, faut-il accepter de penser que les historiens ont eu des responsabilités en privilégiant des ouvrages scientifiques très « pointus », en oubliant le public cultivé à qui ce livre noir est destiné. Ils ont un rôle à jouer en écrivant des livres de vulgarisation historique permettant de rendre compte simplement de la complexité des choses, sans rien oublier des violences par exemple, mais sans non plus être aveuglé par elles. Cela permet d’éviter les raccourcis : ce qui arrive aujourd’hui n’est pas le résultat direct de ce qui s’est passé avant! De la même façon, entre la Révolution française et la révolution russe, il y a eu de nombreuses étapes intermédiaires qu’il convient d’expliciter. C’est le seul moyen de lutter contre ce genre de théories du complot absurdes.

Jeter en pâture une période historique, seulement pour montrer du doigt les coupables, n’apporte rien. L’Histoire n’est souvent qu’un tissu de sang, alors des Livres noirs on peut en faire autant qu’on veut. D’ailleurs, je ferai bien le Livre noir des livres noirs ! »

Propos recueillis par CAMILLE STROMBONI

 

Jean Clément Martin est l'auteur La Révolution française, Editions le Cavalier Bleu, collection Idées reçues, 2008 et La révolte brisée, femmes et hommes dans la Révolution française et l'Empire (1770-1820), Armand Colin, 2008

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Lundi 17 mars 2008

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La dernière réunion a permis d'arrêter une date pour ce colloque: ce sera le mercredi 21 mai 2008.

Ce colloque verra se succéder 5 conférences sur divers thèmes, allant de la dimension locale rennaise à l'évocation globale - parfois internationale de Mai 68.

Ces conférences ont pour vocation de tenter de présenter les évènements dans leur diversité: acteurs, revendications, contre-revendications, évènements, interprétations, etc.

L'objectif est de permettre l'approche collective d'un évènement qui est de plus en plus souvent laissé à l'interprétation individuelle, comme si cette histoire de Mai 68 n'était qu'un objet de consommation que chacun pourrait relire comme il l'entend.

Afin de poursuivre la préparation de ce colloque, une nouvelle réunion aura lieu le:

mercredi 19 mars
18h
devant le bâtiment Ereve


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Dimanche 9 mars 2008

Nouvelle réunion de l'association "Histoire de..."


lundi 10 mars

14h

Rendez-vous devant l'Ereve


Points principaux à l'ordre du jour:

- organisation d'une journée de conférence sur Mai 68 en mai/juin
- organisation d'un recensement des cours afin de pouvoir apporter une aide aux étudiants étrangers via le RUSF, entre autres
- organisation/structuration de l'association

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Mardi 12 février 2008

Histoire De...

(l'association des étudiants rennais en Histoire)

Pourquoi nous soutenons Sud étudiant

 

« Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l'action.
Cela s'appelle devenir un homme. » (Albert Camus)

 

A l'approche des élections universitaires, il a semblé important aux étudiants en Histoire de se rassembler pour évoquer ces élections.

Nous estimons que nous nous devons de prendre position dans la vie de l'université: nous le faisons au quotidien dans notre association, il n'y a pas de raisons pour que nous ne le fassions pas lors des élections, nous ne désirons en aucun entretenir le mythe de « l'apolitisme ». C'est pourquoi nous avons décidé de nous positionner.

 

Il nous a semblé que la liste présentée par Sud étudiant était aujourd'hui la plus sérieuse, pour plusieurs raisons que nous tenons à faire connaître à l'ensemble des étudiants:

 

1 – Sud étudiant fait partie des seules syndicats étudiants (avec la CNT et l'Unef) à être présente au quotidien sur l'université, en fournissant un travail conséquent, d'aide quotidienne aux étudiants mais aussi d'implication dans les mobilisations au service des étudiants

 

2 – Faisant partie des seuls étudiants à siéger régulièrement dans les conseils centraux de l'université, il s'agit surtout du seul syndicat à publier de manière régulière des compte-rendus des décisions du conseil d'administration sur son site internet, et à proposer à l'ensemble des étudiants de consulter les documents de ces conseils

 

3 – En termes d'organisations des mobilisations ou des actions de soutiens aux étudiants, Sud étudiant s'est systématiquement mis au service des étudiants, sans jamais chercher à effectuer de récupération des problèmes étudiants (ce fut le cas pour plusieurs étudiants d'histoire)

 

4 – Sud étudiant reste parmi les soutiens les plus fiables du développement de la vie associative sur Rennes II, notamment lors du votes des subventions dans les CEVU et CA. C'est uniquement à ce prix que les associations étudiantes peuvent organiser des conférences, expositions, soirées, projections, voyages ou autres.

 

5 – Il s'agit du seul syndicat étudiant a avoir replacé le débat sur la grève en termes historiques, et donc politiques, lorsque des enseignants du département d'histoire ont tenté de dépolitiser les évènements en adressant une lettre contre la grève à Ouest France en novembre

 

6 – Contrairement à ce qui a été affirmé à tort et à travers depuis la grève, Sud étudiant a développé une réflexion très claire sur sa vision des évènements de la grève, condamnant un certain nombre de dérives qui ont existé pendant la mobilisation de l'automne (un texte paru dans le Nouvel Observateur en particulier). Sans cette réflexion critique de Sud étudiant, et cette remise en cause sur ce qu'a été la grève au de l'automne, il est évident que nous ne pourrions pas soutenir.

 

7 – Il n'existe aucune hypocrisie dans les bilans qui sont dressés par Sud étudiant, ni dans les perspectives proposées. Contrairement aux autres listes candidates, on ne trouve pas de marque de victoires imaginaires (comme le font l'Unef ou la Cé en particulier), qui ne servent qu'à valoriser une liste auprès des étudiants. Bien au contraire, Sud étudiant a rappelé que si de petites victoires des droits étudiants sont possibles dans ces conseils et que l'objectif premier est de collecter des informations pour les transmettre aux étudiants, les conseils ne sont pas les lieux qui permettront de transformer l'université.

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Vendredi 8 février 2008
Suite à la dernière réunion, il a été décidé:

- de mettre en place un nouveau bureau pour redynamiser l'association

- d'organiser un colloque/conférence pour les 40 ans de mai 68: le bureau est chargé de travailler aux propositions sur cette question, une nouvelle réunion de l'association doit avoir lieu début mars pour mettre en oeuvre plus concrètement l'organisation de ce colloque

- prendre position dans les élections universitaires à venir, en soutenant les listes présentées par Sud étudiant au conseil d'administration et cevu.

PROCHAINE réunion: début mars, dates et lieu seront précisés très prochainement.
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Dimanche 3 février 2008
Une réunion pour établir les prochains évènements à organiser par Histoire De...

aura lieu le jeudi 7 février, rendez vous à 18h devant l'Ereve.
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